Informations et astuces pour les amoureux du lapin nain. Trois lapins nains en liberté dans la maison.
C'est le 24 janvier 2015, avec le départ de Joséphine que finissent "Les 3 petits lapins".
Depuis la mort de Chouquette suivie de très près par celle d'Hibouchou en février 2011, Jojo, qui n'a jamais supporté aucun autre lapin, vivait enfin seule et parfaitement heureuse sur son territoire. De la chambre du second où elle passait ses nuits sous notre lit jusqu'au tréfonds du jardin, s'étendait enfin un domaine digne de son sens aigu de la propriété…
Son âge grandissant nous faisait craindre qu'elle s'en aille depuis déjà quelques années mais elle restait en bonne santée. Continuant de préférer le bureau du premier étage comme résidence principale, dormant sous notre lit au second et allant se nourrir dans le jardin dès qu'elle le pouvait, Jojo continuait allègrement à monter et descendre ses 38 marches plusieurs fois par jour.
A ses 9 ans son visage denint asymétrique. Après que notre vétérinaire eut diagnostiqué un AVC, on s'était dit qu'elle n'en aurait sans doute plus pour très longtemps, mais non. Elle vécut encore comme cela pendant presque deux ans, sans rien changer à ses habitudes.
Puis il arriva qu'elle ne descendit plus dans la cuisine pour chercher son petit gâteau le matin. Ce fut le premier vrai signe de vieillissement dont nous nous aperçûmes. Enfin il arriva un soir qu'elle ne monta pas dans la chambre.
Constatant le lendemain matin qu'elle restait immobile, je décidai de l'examiner. Un bouchon d'excréments obstruait son arrière train. Cela arrivait assez souvent depuis que l'arthrose l'empêchait de s'arc-bouter pour manger ses caécotrophes mais ce bouchon-là était plus important que les précédents. Après l'avoir nettoyée, je m'aperçus qu'elle ne réagissait pas comme d'habitude quand je la repose par terre. Les autres fois, elle tapait un peu des pattes en guise de protestation et elle s'éloignait à la recherche de nourriture mais là rien, elle restait immobile et je constatai qu'elle se tenait penchée sur la droite avec sa patte arrière gauche qui ressortait.
Comme il était déjà tard, je pris rendez-vous pour le lendemain avec le véto. Le soir, nous l'avons montée pour qu'elle puisse dormir dans la chambre mais en la plaçant à côté du lit pour voir ce qu'elle ferait, nous la vimes hésiter puis se trainer sous le lit en trainant la patte arrière gauche. C'est maintenant très clair, elle avait un vrai problème de locomotion. Etait-ce un nouvel AVC qui avait provoqué une paralysie ? Etait-ce son arthrose qui s'accentuait ? Ou était-ce plus grave… comme une patte cassée mais où et quand se serait-elle fait ça ?
Sans perdre de temps à l'examiner, le véto fit immédiatement une radio et quand il revint, je compris tout de suite en le regardant que c'était fichu. Jojo avait le fémur cassé et son squelette présentait des signes avancés de décalcification. La vieille dame avait donc des problèmes de vieille dame mais pour elle, cela signifiait qu'il allait falloir prendre un décision rapide. Impossible de la laisser ainsi car, bien qu'un lapin n'exprime jamais sa douleur, elle souffrait forcément. Et comme il n'est pas envisageable d'opérer une lapine aussi âgée, la seule possibilité qu'il restait était terriblement simple à comprendre. J'étais en larmes, je m'y attendais.
Alors Pierre la prit dans ses bras. Le vétérinaire lui fit une anesthésie pour qu'elle s'endorme puis lui injecta le poison. Elle ne se rendit compte de rien.
Nous l'avons enterrée dans le jardin, dans une sorte de petit caveau que Pierre avait fabriqué il y a quatre ans pour Chouquette avec un grand pot de fleur enterré en prévision d'y mettre aussi Hibouchou et Jojo quand leur heure viendrait. Depuis le 24 janvier 2015, nos puces y reposent toutes les trois et c'est vraiment une période de notre vie qui s'en va car nous n'aurons sûrement jamais plus de lapin et leur présence nous manque incroyablement.
Ne plus voir Jojo houspiller les deux chattes quand elles empiétaient un peu trop sur son territoire. Ne plus entendre ses griffes claquer sur les marches de l'escalier en bois pour venir dormir sous notre lit alors qu'on venait de s'endormir. Ne plus entendre le claquement de son pas rassurant sur le plancher du bureau quand nous étions dans le salon. Ne plus l'entendre frapper des pattes dans ses moments de panique. Ne plus la voir débouler dans la cuisine matin et soir en freinant tant bien que mal sur le pavé glissant avant de tourner autour de nos pieds pour avoir son petit bout de gâteau. Ne plus la voir gambader, brouter et dormir dans le jardin. Ne plus pouvoir mettre les doigts dans son pelage si chaud et si doux. Ne plus la voir tout simplement, elle qui était si magique avec son superpouvoir de faire tomber d'un coup tout le stress d'une journée de travail comme ça, rien qu'en se pointant. C'est fou ce que ce genre de petits détails auxquels on n'attache pas vraiment d'importance quand ceux qu'on aime sont là, deviennent comme une drogue qui nous manque quand ils nous quittent pour toujours.
Salut les puces...